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Ces jeunes qui changent le monde


Ils ont entre 13 et 25 ans, s’appellent Greta Thunberg, Boyan Slat ou encore Edgar Tarimo et, comme nous, essaient d’agir contre le réchauffement climatique et pour le bien-être de la Terre. Vous les connaissez sûrement de nom mais qui sont-ils vraiment ?

« C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents ». Cette citation de Georges Bernanos est parfaitement représentative de la situation actuelle. En effet, alors que la majorité des états brillent par leur manque d'action dans la lutte contre le changement climatique, de nombreux adolescents se font remarquer par leur engagement dans cette lutte, « pour maintenir le reste du monde à la température normale». Ils ont entre 13 et 25 ans, s’appellent Greta Thunberg, Boyan Slat ou encore Edgar Tarimo et, comme nous, essaient d’agir contre le réchauffement climatique et pour le bien-être de la Terre.
Vous les connaissez sûrement de nom mais qui sont-ils vraiment et quelles sont leurs revendications et actions ?
L’association The Ecomind vous propose un petit tour d’horizon de ces jeunes qui changent le monde.


1. Les icônes


Figures de proue de la lutte écologique, ils passent souvent à la télévision pour leurs innovations ou leur cran devant les grands de ce monde. Ce sont eux qui nous représentent, nous, jeunes engagés, devant le monde. La plus médiatisée mais aussi la plus controversée d’entre eux est sûrement Greta Thunberg. Cette jeune Suédoise de 17 ans lance en 2018 la Skolstrejk för klimatet (« grève scolaire pour le climat »). Le mouvement se propage dans le monde entier après son discours à la COP24, en décembre de la même année. Elle reçoit plusieurs prix et distinctions pour son militantisme. Elle fait la couverture du magazine Time en mai 2019, qui lui décerne le titre de personnalité de l'année 2019. Elle est cependant critiquée pour son jeune âge et ses prises de parole toujours très alarmistes. Des personnalités comme Donald Trump l’accusent d’être instrumentalisée par des personnes voulant nuire à l’économie américaine. En France, seulement 54% de la population (sondage IFOP en janvier 2020) dit avoir une bonne image de la jeune fille. Elle reste cependant la figure de proue de l’action des jeunes pour le climat.

Elle n’est pas la première à accéder à la notoriété médiatique devancée notamment par le précurseur, Boyan Slat. Ce jeune Néerlandais a eu une idée simple : repêcher les déchets du Pacifique. Pour cela, il a présenté, en 2012 un projet innovant, The Ocean Cleanup. Le principe est le suivant : placer des barrières flottantes en forme de "V" d'une profondeur de 3 m à la surface de l’eau. Les barrières retiendront les plastiques et autres objets à la dérive et les conduiront vers une plateforme d'extraction. Cette plateforme, fonctionnant à l'énergie solaire, récupérera les matières en vue de leur évacuation et de leur recyclage. Sa mise en place en 2018 fût un échec mais le jeune homme lauréat en novembre 2014, du prix "Champions of the Earth" dans la catégorie « Inspiration et action » garde espoir dans son projet et aimerait aussi le mettre en place dans les fleuves les plus pollués du monde.

Plus médiatisée encore, Yara Shahidi qui, à 20 ans, est une des étoiles montantes du cinéma américain mais aussi une des figures de la lutte contre le réchauffement climatique. La jeune femme, protégée entre autres d’Oprah Winfrey, a la volonté de devenir présidente des États-Unis d’Amérique en surfant sur la célébrité que lui ont donnée des séries telles que Black-ish ou encore des films comme The sun is also a star. Son programme s’axerait sur la défense de l’environnement et sur le respect des accords sur le climat. Bref, tout le contraire de la politique et de la dynamique actuelle des États-Unis. Elle sera donc sûrement l’une des défenseures de l’environnement les plus actives dans les prochaines années.



2. Des adolescents qui agissent à leur échelle et avec leurs moyens


Certains ados sont moins médiatisés que les trois premiers cités mais agissent quand même à leur niveau et à leur échelle. Edgar Tarimo est un jeune Tanzanien, de 18 ans qui depuis 3 ans transforme les déchets plastiques jonchant son pays en matériaux de construction (tuiles, pavés). La start-up qu’il a créée, « Green Venture Recycles », a un but à la fois écologique et social puisque, dans un pays plutôt pauvre, les matériaux de construction manquent, sont souvent importés et une production locale est donc bienvenue. De plus, son entreprise emploie plus de 100 salariés et permet donc de faire vivre des familles qui auraient pu être dans des situations précaires. Ainsi, il avait recyclé en avril 2018 plus de 20 000 kilos de plastique tout en filtrant les gaz toxiques rejetés par ce recyclage.

Sur un autre continent, un jeune péruvien José Adolfo Quisocala Condori, a eu, alors qu’il avait 7 ans, l’idée de créer une banque entièrement réservée aux enfants, la «Banco Cooperativo del Estudiante Bartselana». Le système de cette banque est simple : de jeunes Péruviens, souvent dans le besoin, ramassent des déchets plastiques que la banque revend à des entreprises. L’argent est alors placé sur un compte appartenant au « ramasseur ». Maintenant âgé de 14 ans, José Adolfo a réussi à mettre en place un système durable à l’intérieur de sa société, qui compte plus de 2000 clients, puisque les frais de fonctionnement sont remboursés par les 6 kilos de plastiques nécessaires pour ouvrir un compte.

Pour d’autres, ce ne sont pas leurs idées qui les rendent célèbres mais plutôt leurs témoignages ou leurs prises de parole. C’est le cas de Timoci Naulusala, fidjien de 12 ans qui s’est exprimé à propos de la crise environnementale en cours dans son pays lors de la COP23 à Bonn. Il a alors ému les représentants des différents pays par un discours poignant, mettant en lumière les conséquences de la disparition sous les eaux de son pays et des typhons qui sont de plus en plus fréquents et de plus en plus dévastateurs :  « Ma maison, mon école, ma source de nourriture, d'eau, d'argent, ont été détruites. Ma vie était un chaos. Je me suis demandé : "que se passe-t-il ? Que vais-je faire ?" ».



3. D’autre moyens d’expression


Enfin, les moyens d’exprimer son engagement climatique se multiplient de plus en plus et commencent à prendre des formes diverses, notamment à travers l’art et la musique. Ainsi, Xiuhtezcatl Martinez est un Américain de 19 ans qui affirme son engagement en rappant. Sur scène, il est accompagné de son frère âgé de 16 ans et chante des textes engagés tels que Speak for the Trees, littéralement « parle pour les arbres ». Il a aussi créé une association, « Earth guardians » (les gardiens de la planète), attaqué en justice le gouvernement américain pour son manque d’action en faveur du climat et parlé devant les nations unies. Bref un parcours atypique et déjà bien rempli pour une personne de 19 ans.

Felix Finkbeiner a lui aussi un parcours original puisque ce jeune Allemand de 22 ans a créé son association « Plant for the Planet » en 2007, alors que l’ampleur de l’enjeu écologique n’avait pas encore été découvert. Il crée cette association avec ses camarades à la suite d’un exposé sur le réchauffement climatique et sur la déforestation. Pour lui, la lutte devait se faire à l’échelle internationale en plantant un million d’arbre dans chaque pays. S’est ensuivi une campagne de grande ampleur où Felix a voyagé dans 99 pays pour présenter son projet auprès de jeunes personnes mais aussi auprès de personnes plus âgées elles aussi concernées par la déforestation, comme des chefs de tribus indiennes nord-américaines. Le maître mot de son association est l’union autour d’un même projet : sauver la planète. Il dit d’ailleurs : « En s’unissant, les enfants peuvent vraiment faire changer les choses. Un moustique ne peut rien contre un rhinocéros, mais mille moustiques peuvent pousser un rhinocéros à changer de direction. Lorsque nous nous unissons et plantons des arbres aux quatre coins de la planète, nous agissons en tant que citoyens de la Terre pour changer le monde. ». Cette « union » avait abouti à la plantation de 14 milliards d’arbres en 2016 et permet au jeune homme de voir plus grand puisqu’il a annoncé vouloir à terme planter 1000 milliards d’arbres.

Pour finir, certains ont réussi à utiliser la puissance des réseaux sociaux pour promouvoir leurs idées. Ainsi, en Belgique, Anuna de Wever, 18 ans, a lancé en janvier 2019 les « grèves pour le climat », invitant les jeunes Belges à faire l’école buissonnière le vendredi afin de protester contre l’inaction des dirigeants par rapport au dérèglement climatique. Elle s’inscrit ainsi dans la continuité de Greta Thunberg, qui avait lancé ce mouvement le 20 août 2018 à la différence qu’Anuna de Wever s’appuie principalement sur les réseaux sociaux (particulièrement Facebook) pour promouvoir son action. Le 24 janvier 2019, elle réunit 35 000 étudiants pour une manifestation et commence à être très médiatisée, ce qui lui permet d’entrer en contact avec des membres du gouvernement belge et de collaborer avec eux. Cependant même si les réseaux sociaux lui permettent de diffuser massivement son action, ils lui causent aussi pas mal de problèmes. Ainsi, la jeune femme a été, dès le début de son action, victime de cyber-harcèlement lié à son engagement contre le dérèglement climatique mais aussi au fait qu’elle soit ouvertement lesbienne.


De plus en plus de jeunes personnes ont compris l’ampleur de l’enjeu climatique. C’est pour cela qu’elles s’engagent, pour essayer de faire bouger les choses en en proposant des actions concrètes. Certaines sont ainsi devenues de véritables icônes dans cette lutte, d’autres agissent à une échelle plus locale mais chaque geste est important et chaque personne qui s’engage est une avancée. Ces jeunes gens vont à l’encontre de certaines personnes plus âgées, qui choisissent soit de ne pas agir contre le dérèglement climatique, soit de réfuter son existence.
Un tel engagement des jeunes pour la cause environnementale pourrait à terme faire basculer les dirigeants vers une politique plus favorable à l’environnement. On a pu observer ce basculement progressif lors des élections municipales et européennes où les parties aux thématiques écologistes ont souvent réalisé un très bon score notamment grâce au vote des jeunes générations.


Sources :

https://www.nouvelobs.com/planete/20190312.OBS1619/de-greta-thunberg-a-emma-gonzalez-portrait-d-une-jeunesse-qui-s-engage.html
https://www.linfodurable.fr/educationcitoyennete/generationengagee-ces-ados-qui-veulent-changer-le-monde-13049
https://www.lavoixdunord.fr/664626/article/2019-11-12/ces-jeunes-qui-se-bougent-pour-la-planete
https://www.friday-magazine.ch/fr/articles/voila-pourquoi-tout-le-monde-aime-yara-shahidi
https://www.afrik21.africa/tanzanie-edgar-edmun-tarimo-17-ans-pro-du-recyclage-des-dechets-plastiques/
https://ptitlibe.liberation.fr/p-tit-libe/2019/12/10/jose-adolfo-quisocala-condori-patron-d-une-banque-ecolo_1767524
https://www.lalibre.be/economie/placements/jose-adolfo-13-ans-a-la-tete-d-une-banque-ecolo-5d11e7be9978e215c700bd46
https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat/cop23-un-enfant-fidjien-de-12-ans-raconte-la-devastation-de-son-village_118443
https://en.wikipedia.org/wiki/Xiuhtezcatl_Martinez
http://www.leslecturesdeflorinette.fr/2016/07/xiuhtezcatl-martinez-une-voix-au-secours-de-la-planete.html
https://www.earthguardians.org/xiuhtezcatl
https://positivr.fr/felix-finkbeiner-plant-for-the-planet-14-milliards-arbres/
https://fr.wikipedia.org/wiki/AnunaDeWever

Le 01/06/2020 par Axel Tondut